C.Q.F.D !

La civilisation industrielle s’appuie principalement sur la consommation de ressources énergétiques fossiles qui sont intrinsèquement limitées en quantité et sur le point de devenir rares.

Quand nous en serons là, – nous y sommes quasiment – la compétition pour les miettes du gâteau déclenchera des bouleversements économiques et géopolitiques gigantesques.

 

Inéluctable !

1. L’économie c’est la transformation de ressources naturelles…>>

2. Toute transformation de ressources nécessite de l’énergie… >>

3. 80% de l’énergie utilisée dans le monde est d’origine fossile… >>

4. Qui dit fossile, dit stock fini avec un pic de production… >>

5. Les carburants fossiles sont tous en vue de leur pic de production…>>

6. On n’a rien prévu pour la suite… >>

7. Conséquences: prix à la hausse, conflits et mouvements sociaux… >>

8.Choisir la Décroissance maintenant ou la subir demain…>>

CQFD

1. L’économie c’est la transformation de ressources naturelles

L’activité économique des hommes est foncièrement une activité dans laquelle on transforme des ressources naturelles pour en faire autre chose. Il n’existe pas une activité économique qui consiste en autre chose que de transformer des ressources naturelles : vos habits sont des ressources naturelles transformées, vos lunettes, votre maison, votre voiture, votre ordinateur, votre activité , même « dématérialisée » – de service – utilise des ressources naturelles transformées, nous vivons dans un monde qui fonctionne avec et qui est le fruit de ressources naturelles transformées.

L’économie traduit avec une convention  (le PIB – le produit intérieur brut -) l’activité qui est basée sur la transformation de ressources naturelles. Toutes nos activités économiques sont assises sur un substrat physique sans lequel il n’y a plus de PIB qui tienne.

 

2. Toute transformation de ressources nécessite de l’énergie.

L’élément central dans l’économie, c’est l’énergie. L’énergie intervient dès qu’on transforme quelque chose en quelque chose d’autre.

Les modifications

  • de température
  • de vitesse
  • de forme
  • de composition chimique
  • de position d’un corps dans un champ avec lequel il interagit (magnétique, électrique, gravitationnel, …)
  • de composition atomique
  • de l’énergie, du nombre de photons

font chaque fois intervenir de l’énergie.

L’énergie n’est donc rien d’autre que l’unité de compte de la transformation du monde qui nous entoure. Il n’y a pas de transformation sans que de l’énergie intervienne.

 

3. 80% de l’énergie utilisée dans le monde est d’origine fossile

Consommation  d’énergie dans le monde en millions de tonnes d’ équivalent pétrole. Sources : Schilling & Al. 1977, et  Jean-Marc Jancovici  Note: 1 tep = 11 700 kWh.
On constate l’évolution constante depuis un siècle : au fur et à mesure de l’apparition de nouvelles énergies qui sont venues s’ajouter au charbon au cours des années, la consommation a constamment augmenté.

La part des fossiles se monte globalement à 80% de la production / consommation d’énergie primaire mondiale.

On constate par ailleurs que les « nouvelles » sources d’énergie, loin de canibaliser les anciennes sources, viennent s’ajouter à elles et  apportent un surplus d’énergie pour la production / consommation.

 

4. Qui dit fossile, dit stock fini avec un pic de production

Dès qu’il y a un stock de départ donné une fois pour toute (hydrocarbures, minerais)

· Une extraction annuelle indéfiniment croissante est impossible

· Une extraction annuelle indéfiniment constante est impossible

Donc si on considère l’extraction, elle commence toujours à zéro, passe par un maximum et se termine à zéro. Ce qui ressemble à ceci :


Donc si on extrait un minerai, des hydrocarbures, l’extraction passe obligatoirement par un maximum et commence ensuite à décliner.

Donc le pic de production est un passage absolument certain et d’ailleurs, ça a mis du temps, mais tout le monde s’accorde à le reconnaître. Tout le monde n’en a pas encore réellement pris la mesure.

Ceci est une autre affaire !

 

5. Les carburants fossiles sont tous en vue de leur pic de production.

Evidemment la question du pic se pose différemment s’il est situé dans 5 ans ou dans 3 millions d’années en considérant le niveau actuel de production. Evidemment, les conséquences ne sont pas les mêmes. Par contre il existe.Pour les énergies fossiles, il y a maintenant un consensus pour dire qu’il n’y en a plus pour des centaines d’années.

Pour  ce qui concerne le pétrole, l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) a déclaré dans son rapport annuel 2010 que le « peak oil » est atteint et que la somme des champs qui fournissent aujourd’hui la production mondiale est en déclin. Ceci est aussi confirmé par les inquiétudes du Pentagone, de la Lloyd’s et Chatam House, de l’armée allemande, pour ne citer que quelques unes des nombreuses sources convergentes.

La question de l’approvisionnement du pétrole se pose donc aujourd’hui. Et l’optimisme dont font preuve certains, en affirmant que la production permettra par de nouvelles technologies à maintenir la production actuelle (schistes bitumineux, liquéfaction du gaz, etc.), est contredit au minimum par le fait de l’augmentation de la population mondiale qui diminue d’autant le quota disponible pour chacun.

D’autre part, jusqu’à présent,  la distribution de pétrole se faisait dans un vrai marché mondial, ce qui est moins sûr à l’avenir, quand tout le monde se rendra compte des effets du problème.

Ce qui est sûr c’est que toute prévision budgétaire, économique ou autre qui prend en compte une croissance continue de la disponibilité des énergies (fossiles = 80% de la consommation mondiale) est caduque.

 

6. On n’a rien prévu pour la suite…

On n’a rien prévu parce que nous fonctionnons depuis toujours sur le même scénario. L’humanité a « toujours eu à disposition » la quantité d’énergie nécessaire à son activité. L’accélération de l’économie depuis plus d’un siècle n’a jamais connu de frein dû à un manque d’énergie.

Le mot d’ordre est « croissance ». Tout est calculé à la hausse. Hausse de la production, hausse des gains, hausse du pouvoir d’achat, hausse du confort. Il suffit d’ouvrir le robinet.

Jusqu’à ce que…

Jusqu’au pic de production et au déclin inéluctable.

La première réaction, c’est le déni. C’est comme d’apprendre de son médecin qu’on a le cancer, on est tenté de croire que son dossier a été interverti avec celui d’un autre patient. La nouvelle est désagréable, et documentée, mais pourtant on n’a pas envie d’y croire.

Face à cette situation, on cherchera toutes les raisons de ne pas croire les faits. On fait appel à de soi-disants experts près à nous rassurer pour diverses obscures raisons. Pourtant si l’on creuse, il y a longtemps qu’on nous met en garde. Le plus célèbre cri d’alarme a été lancé dans les années 70 par le Club de Rome et, bien sûr, n’a pas été cru, car on annonçait une situation dont l’échéance ne touchait en rien l’instant présent.

Et le constat est terrible : rien n’a été prévu. Tout a été planifié comme si l’énergie était disponible indéfiniment en quantité infinie. Et nous continuons : les pouvoirs publics, et l’économie, continuent à concevoir des plans pour l’avenir qui prennent en compte une situation énergétique semblable à celle que nous avons connue : énergie abondante et bon  marché… Business as usual…

 

7. Conséquences: prix à la hausse,conflits et mouvements sociaux.

 

Si nous ne réglons pas le problème, il se réglera de lui-même. Mais ça va faire mal : la brutale baisse de disponibilité du pétrole va générer, outre les problèmes économiques que l’on peut supposer, des tensions sociales très fortes et encore plus probablement des guerres, pour s’assurer les ressources énergétiques nécessaires.

  • Comment imaginez-vous les transports aériens, les transports routiers, les déplacements pendulaires pour se rendre sur son lieu de travail, avec un baril de pétrole valant plusieurs fois le prix d’aujourd’hui ? Que pèsent ces éléments dans notre économie ?
  • Comment produirons-nous nos aliments avec une agriculture totalement dépendante du pétrole (carburant, engrais, pesticides, etc.) ? Croyez-vous qu’il sera encore possible de faire venir à un prix payable des aliments produits à des centaines, voire des milliers de kilomètres de chez soi ?
  • Comment se comportera le crédit face à un marché de plus en plus instable et agressif ?
  • La démocratie sera-t-elle préservée dans un monde encore plus méfiant et égoïste ?

Il est probable que rarement dans l’histoire, nous aurons disposé d’autant d’informations sur un désastre à venir. Et pourtant rien n’est entrepris, rien qui ne soit à la hauteur de l’enjeu.

Nous avions déjà de la peine à partager le gâteau. Il est temps de changer la recette du gâteau  et de se mettre ensemble aux fourneaux!

 

8. Choisir la Décroissance maintenant ou la subir demain.

3 « R » pour commencer par un bout…

Face à la crise énergétique…

  • Réduire la demande
  • Réorienter nos sources d’énergie

…choisir la décroissance !

  • Rebâtir la sobriété et la solidarité

    Allons-y résolument ! Voici quelques pistes d’action >>

     

    …et si vous voulez encore approfondir la réflexion, voici une Conférence de Jean-Marc Jancovici qui fait le tour de la question

     

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