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Pistes pour une action politique

Face à la crise de l’énergie…

choisir la décroissance !


1. Crise de l’énergie

Pour répondre au défi énorme que nous laisse une société totalement dépendante de l’énergie abondante et bon marché, il faut :

  • Nous affranchir très rapidement de notre dépendance aux énergies fossiles avec pour effets escomptés d’éviter une récession brutale et chaotique provoquée par la déplétion du pétrole, notamment, et limiter au maximum le réchauffement climatique. Cela implique une large acceptation de mesures d’autolimitation de la demande et une réorientation de nos sources d’énergie.

Les moyens :

Initier une stratégie à trente ou quarante ans avec un volet sur la demande et une autre sur l’offre.

a. Pour la demande, réduire, réduire, réduire et s’y mettre tout de suite.

b. Pour l’offre, repartir des besoins (mélange de « vrais besoins » : 10 % –  et de désirs : 90% -) et l’axer sur le renouvelable.

Les mesures :

Réduire la demande

1. Appliquer une taxe « énergie » de manière progressivement croissante (augmentée chaque  année) sur toutes les énergies fossiles et la destiner à la gratuité des transports publics, à leur meilleure implantation dans le territoire et au financement de l’autonomie énergétique des habitations. Prévoir pour chaque ménage une consommation forfaitaire électrique, à un prix abordable, et au-delà une consommation de confort à un tarif progressif.

2. « Récompenser » les économies de ressources, « punir » leur gaspillage (par la fiscalité, par la régulation). Réfléchir à la place de la publicité dans notre consommation. La voiture à 1l/100km est possible… mais pourquoi (nous) déplaçons-nous (et)  nos marchandises ?

3. Internaliser les coûts énergétiques et affecter le produit à la production d’énergie localisée et renouvelable, à la formation des agents économiques qui devront les proposer et les installer. Obliger un étiquetage basique du rayon de production (vert, jaune, rouge – local, régional, international)

Réorienter nos sources d’énergie

4. Maximiser le potentiel hydro-électrique selon les possibilités soit

a. en surélevant et renforçant les barrages existants

b. en construisant de nouveaux barrages.

c. en le couplant avec du pompage-turbinage grâce à de l’éolien et/ou du photovoltaïque local

d. en développant le mini-hydraulique, notamment en l’intégrant dans les circuits d’eaux claires et usées.

5. Soutenir réellement le développement rapide et raisonné des renouvelables : par exemple supprimer les mises à l’enquête pour des installations solaires privées  (thermiques et photovoltaïque) si elles sont effectuées par des installateurs reconnus (des privés ayant suivi une formation peuvent être reconnus). Pour accélérer la disparition du pétrole dans les domaines du chauffage et de la production électrique, on peut aussi répondre à la demande économique et citoyenne de responsabilisation individuelle : de plus en plus de nos concitoyens veulent non seulement faire des économies d’énergie mais aussi devenir autonomes, voire producteurs d’énergie. Ils se heurtent à une culture nationale encore très centralisée dans ce domaine, où on parle presque toujours de « centrales » électriques, alors que par définition les énergies renouvelables sont décentralisées.

6. Développer partout où c’est possible le couplage chaleur-force.

7. Le nucléaire n’est pas une option (pas plus que de balayer sous le tapis). Il convient de gérer la sortie du nucléaire.

8. Hiérarchiser les usages du pétrole. Le remplacer autant que possible là où il est encore indispensable  par des agro-carburants tirés des déchets de la biomasse et destinés prioritairement  aux transports publics et à l’agriculture.

 

2. Choisir la décroissance !

  • De toute urgence, réinventer une société, une économie, un nouvel aménagement de nos territoires, de nouveaux modes de vie, de transport, de consommation, sans quoi nous y laisserons la paix sociale, la démocratie, notre environnement et la plupart de nos valeurs. Les inégalités de notre monde d’aujourd’hui sont déjà trop souvent insupportables, mais, dans un monde livré aux plus puissants et au cruel marché, que deviendront ceux qui n’ont déjà pas grand chose aujourd’hui ?

Les moyens :

Reconstruire un mode de vie permettant d’absorber les changements et de se réorganiser en intégrant ces changements, tout en conservant ses fonctions, sa structure, son identité et sa capacité de réaction.

Les mesures :

Rebâtir la sobriété et la solidarité

1. Faire un bilan de la dépendance fossile et reconsidérer l’aménagement du territoire.

2. Mobilité : Gratuité des transports publics. Mobilité douce,  ferroutage longues distances. Dans un premier, et rapide, temps: orienter le parc automobile vers des véhicules moins consommateurs de carburant et moins émetteurs de CO2. Limiter la vitesse sur les autoroutes. (cf effet du 80 en Espagne). Jours sans voitures privées.

3. Relocaliser l’économie et principalement les activités essentielles (alimentation, formation, santé)

4. Energie : autonomie, décentralisation, responsabilisation, entièrement renouvelable

a. Economie par incitations fiscales pour les privés et par obligation pour les collectivités

b. Normes plus draconiennes pour l’efficacité énergétique

5. Agriculture de proximité garantissant l’autonomie alimentaire et la qualité biologique de la production avec production extensive de viande seulement.  Dans ce but, l’Etat promeut la souveraineté énergétique de l’agriculture en favorisant l’utilisation de carburants produits à base de déchets de la biomasse et en réorientant progressivement les paiements directs à l’agriculture.  Récupérer du terrain agricole en construisant les lignes de train au-dessus des autoroutes (Cybertran).

6. Construction écologique (Diffuser et encourager les méthodes de sobriété énergétique –exemple label Minergie). Crédits conditionnels de rénovation à taux préférentiel. Eco-quartiers, communautés villageoises. Mélange de population.

7. Formation

a. Revaloriser les métiers manuels

b. Conscientiser les étudiants des hautes écoles sur la problématique des ressources

8. Santé : Intensifier la prévention. Améliorer la prise en charge des anciens.

9. Culture, loisirs et tourisme de proximité

10. Fiscalité des énergies/ressources plutôt que du travail (celui qui travaille n’a pas à être taxé plus, mais les ressources utilisées, oui, et la financiarisation de l’économie aussi). Imposer également les machines qui remplacent le travail humain (AVS, AI).

11. Démocratie : Viser l’unanimité, renforcer le respect des minorités (de quel droit 51% impose sa volonté à 49% ?). Réduire la taille des communautés, améliorer la représentativité et favoriser la responsabilisation des individus.

12. Gratuité de l’usage et renchérissement du mésusage (ex. l’eau: gratuité de l’eau de ménage, taxe pour l’eau de piscine)

13. Instituer un temps de service à la communauté (remplace le service militaire). On peut aussi imaginer diminuer, voire supprimer les impôts/redevances de celui qui s’engage volontairement dans un service à la communauté. (« Service civil » volontaire supplémentaire…)

14. Solidarité et partage (penser à 20%de la population s’appropriant le 80% des ressources)

15. Réhabiliter le « bien commun ». Dans ce sens, il serait souhaitable que la finalité première des entreprises ne soit pas de maximaliser la valeur par/pour les actionnaires, mais de maximaliser la valeur sociale de celles-ci.

16. Sécurité par l’intégration et balance de l’immigration avec l’aide sur place (moins d’immigration acceptée contre une augmentation de « l’aide au développement »).

17. Défense civile non-violente et neutralité humanitaire et pacificatrice.

18. Chômeurs et requérants d’asiles engagés dans des travaux d’utilité publique dès leur prise en charge par la collectivité.

19.  et encore…

  • Louer au lieu de vendre
  • Etendre la responsabilité des fabricants au devenir de leur produit en déchet.
  • Posséder ou utiliser en commun les produits et/ou les outils
  • Rénover (conserver les structures, remplacer les pièces usagées)
  • Concevoir les produits de manière à optimiser la durabilité, la rénovation et le recyclage.
  • Récupérer l’eau de pluie pour tous les usages -excepté l’eau de boisson- réduirait de 90% la consommation d’eau du réseau public, économiserait la lessive (l’eau de pluie est si douce qu’il faut peu de lessive pour laver), et fournirait des quantités appréciables d’eaux grises pour les usages extérieurs.
  • La voiture collective peut être une solution pour les citadins. Quelques centaines de personnes se regroupent pour acheter quelques dizaines de voitures qui appartiennent à tous et sont disponibles pour tous. Ce système renforce parallèlement l’usage du vélo ou des transports en commun et diminue le nombre de voiture possédées. Les utilisateurs de voitures collectives se servent moins de leurs voitures que les possesseurs de voitures particulières.
  • Si les constructeurs automobiles louaient leurs voitures au lieu de les vendre, et si le crédit-bail était payé sur une base kilométrique, on obtiendrait un tarif voisin de x CHF/km. En conséquence, l’utilisateur serait incité à ne se servir de sa voiture qu’en cas de réel besoin.

 

en résumé:

Objectifs : « les 3R »…

Face à la crise énergétique…

·Réduire la demande

·Réorienter nos sources d’énergie

… Choisir la décroissance !

· Rebâtir la sobriété et la solidarité

 

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