Basic Instinct !

Le pic du pétrole

« Le pétrole est le sang de notre système économique. »

Notre société fonctionne au pétrole depuis un siècle et demi. Ce fait était inéluctable, le pétrole étant une source d’énergie bon marché et facile à utiliser. Malheureusement c’est une ressource non-renouvelable. Dès le début, on savait qu’un jour on arriverait à sec.

On ne peut pas continuellement accroître la production en raison de la nature limitée du pétrole et quand vous arrivez à mi-chemin, quand la moitié des ressources a été exploitée, augmenter la production devient de plus en plus difficile et coûteux.

Cela ne veux pas déjà dire qu’il y a pénurie. Les gisements produisent énormément de pétrole. Même si le pic survenait maintenant – et on y est selon des sources bien documentées -, on disposerait toujours de 84-85 millions de barils par jour, mais il serait difficile d’atteindre ne serait-ce qu’un million de baril/jour de plus.

Nous savons que la fin du pétrole bon marché s’annonce, mais nous ne voulons pas le croire.

La quantité de pétrole produite stagne aux alentours de 85 millions de barils par jour, ce qui peut sembler gigantesque, et pourtant c’est ce que nous consommons tous les jours avec notre mode de vie actuel.  Et rappelons-nous que 80% de la population mondiale, dont celle des pays dits émergents, est loin du niveau de vie occidental.

La population mondiale va encore s’accroître et la « prospérité » bénéficiera à un plus grand nombre de personnes. Les gens vont consommer davantage d’énergie. Bientôt, plus aucune capacité excédentaire ne viendra satisfaire ce besoin croissant.

La courbe de l’approvisionnement s’aplatira alors que la demande ne cesse de croître. Cela va générer de sérieux problèmes : c’est le pic pétrolier.

La découverte de nouveaux gisements a plafonné en 1964 déjà. Il ne s’agit pas de malchance , c’est une tendance permanente : plus les années passent et moins nous découvrons de nouveaux gisements. A tel point que pour chaque baril qu’on découvre, nous en consommons déjà quatre.

L’industrie pétrolière a réagi de plusieurs manières, dont le développement de nouvelles technologies, afin de trouver plus de pétrole, plus vite, mais malgré des investissements massifs et les progrès énormes accomplis, le taux de découvertes de nouveaux gisements n’a cessé de diminuer.

Les uns après les autres tous les pays atteignent leur pic national et entament un déclin. Les Etats-Unis ont été parmi les premiers en 1970. 30 ans après 33 pays ont atteint leur pic. Le pic mondial est par conséquent inévitable dans les années qui viennent. Et personne n’y est préparé.

Une période de quelques centaines d’années  d’énergies fossiles est en train de s’achever.

Est-ce un tournant historique ?

Plus que cela : c’est proprement vertigineux, oui !

Le monde entier tourne autour du pétrole. Nous avons une culture du pétrole. Les historiens du futur qui étudieront cette période nous qualifierons d’hommes de l’ère du pétrole.

Notre alimentation dépend des engrais pétrochimiques et des pesticides, nos matières plastiques et nos matériaux de construction sont dérivés de produits pétrochimiques. Même nos médicaments sont essentiellement à base de produits pétrochimiques.

Nos vêtements sont en matières synthétiques, ajoutez-y l’électricité pour de nombreux pays, nos moyens de transport, l’éclairage… Nous vivons dans l’ère du pétrole.

Nous ne pouvons pas actuellement, et de loin pas, faire tourner nos centres commerciaux ou nos parcs d’attraction ou le réseau autoroutier avec l’énergie solaire, éolienne, l’hydrogène, le charbon, les sables bitumineux de l’Alberta, l’huile de friture recyclée ou toutes ces choses qui font fantasmer les gens.

Notre économie a besoin de pétrole ne serait-ce que pour fabriquer les équipements solaires, pour obtenir les câbles électriques, les films plastiques, les cadres en aluminium, les composants au silicium, tout cela implique des processus de fabrication dévoreurs d’énergie.

Nous n’aurons plus toutes ces choses aussi facilement.

Nous avons tendance à croire que tout nous est acquis parce que, pendant toute notre vie, nous avons profité de cette économie basée sur le pétrole.

Toutes les structures actuelles, les villes, les moyens de transport, notre approvisionnement alimentaire, la mondialisation – en tant que paradigme économique – , le capitalisme – en tant que paradigme économique – dépendent de l’expansion constante de la croissance et de ressources plus abondantes.

Tout cela ne peut se perpétuer, parce qu’ils ont en commun de reposer sur une source d’énergie bon marché.

Dans ce paradigme, une croissance de l’offre du marché monétaire est essentielle si nous voulons éviter une dépression / déflation. Cette création monétaire dépend de la croissance économique, qui elle-même s’appuie sur l’abondance en énergie et en matières premières.

Notre modèle économique dépend de la croissance annuelle, faute de quoi tout s’effondrerait. Et bientôt l’économie sera incapable de croître et tout indique que nous devrons peut-être faire face à un effondrement mondial, à cause du pic pétrolier.

Pic pétrolier / Peak Oil : le dossier sur le blog de Matthieu Auzanneau

Pétrole, Gaz et Charbon: réponses à des questions élémentaires sur le site de JM Jancovici

Les commentaires sont fermés.